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Bipolarisation de la vie politique : le programme commun du PS et de l’UMP

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Bipolarisation de la vie politique : le programme commun du PS et de l’UMP Empty Bipolarisation de la vie politique : le programme commun du PS et de l’UMP

Message par avec-amour-et-paix Mer 23 Avr - 3:39

Bipolarisation de la vie politique : le programme commun du PS et de l’UMP

La France va droit vers la bipolarisation de sa vie politique et c’est sans doute le seul élément de programme commun du PS et de l’UMP. Après avoir enterré leurs extrêmes respectifs, leur combat commun se porte désormais au centre, lequel ferraille dur pour exister.

C’est François Mitterrand qui a engagé la bipolarisation de la vie politique française avec son « union de la gauche ». Malgré les difficultés rencontrées, elle a permis son élection et, en guise d’ouverture, la nomination de quatre ministres communistes en 1981, tout heureux de montrer à leurs électeurs le profit que l’on pouvait tirer d’une alliance avec le puissant voisin idéologique... jusqu’en 1984 seulement puisque le gouvernement Fabius ne leur donnera aucun poste. On sait ce que pèse aujourd’hui le PC !

Hélas pour lui, ses idées étaient à l’époque déjà en perte de vitesse à l’échelle mondiale et il n’avait guère le choix de ses alliés. Ce qui n’est assurément pas le cas des différents partis qui se revendiquent au centre ou tout proche (par ordre alphabétique : le Mouvement démocrate de François Bayrou, le Nouveau Centre d’Hervé Morin, le Parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet et le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo).

Sarkozy, lui, a tué son voisin de droite, non pas en s’alliant avec lui (ce qui n’était politiquement impensable vu l’opprobre collective dont le FN est l’objet), mais en reprenant une partie de son fonds de commerce idéologique (lutte contre l’émigration, idéologie sécuritaire) et en le maquillant pour en faire du "racisme à visage républicain". Gros succès ! On sait ce que pèse aujourd’hui le FN !

Ayant fait le ménage aux extrêmes, les deux partis majoritaires ont désormais un intérêt commun à le faire au milieu, d’autant que ce milieu a connu un regain d’intérêt à la dernière présidentielle et empiète désormais sur leurs deux plates-bandes.

Le mois de mai 2007 du coup vit se jouer plusieurs batailles au centre, confirmant son importance stratégique. François Bayrou dégaine le 10 mai, quatre jours après le deuxième tour de la présidentielle en annonçant la création du MoDem. Sarkozy réplique le 15 en suscitant un rapprochement entre PRG et PRV, en recevant Jean-Michel Baylet pour créer une « force centrale » (sous-entendu dans la majorité présidentielle), mais le PS a promptement rappelé ce dernier à l’ordre. Du coup, le rôle de force centrale au sein de la majorité présidentielle est dévolu au Nouveau Centre, dont la création est annoncée le 29 mai (par des centristes tous ralliés à Sarkozy, ce qui préfigure sa ligne politique).

Malgré un récent et bref coup de projecteur, la messe est donc dite concernant le PRG et le PRV, qui demeurent des alliés traditionnels et systématiques, respectivement du PS et de l’UMP. Le Nouveau Centre quant à lui reprend la recette qui a longtemps servi l’UDF, qui consiste à échanger une docilité globale en échange de quelques accords ponctuels pour un ministère, une circonscription ou une mairie. Un confort certain, un bénéfice immédiat et visible, mais un cadeau empoisonné. L’UMP et le PS ne sont en effet pas des tuteurs qui espèrent voir leurs pairs grandir et fortifier, ce sont des seigneurs qui n’ont aucun intérêt à voir un vassal s’émanciper ! Et les seigneurs préfèrent concentrer les pouvoirs que de les distribuer. Combien de ministres, de députés, de maires Nouveau Centre pourraient survivre si demain l’UMP met un terme à leur accord électoral et présente des candidats UMP en face de chacun d’eux ? Cette seule hypothèse démontre toute la fragilité du Nouveau Centre et la docilité à laquelle il doit se tenir s’il veut survivre. Ce centre-là, dont la mise à mort peut-être prononcée à tout moment, ne gêne pas l’UMP et peut même lui servir lorsqu’il prétend parler au nom des électeurs centristes pour mener la charge contre ses anciens compagnons restés au MoDem. Car de tous les partis centristes, le MoDem est bien celui qui pose le plus de problèmes.

Bayrou a en effet retenu la leçon que Mitterrand a infligée aux communistes et a vu venir celle que l’UMP préparait à l’UDF. L’alliance d’un petit et d’un grand est le plus sûr moyen de faire disparaître le petit. Elle n’est qu’un sursis à court terme qui annonce une disparition à long terme. Et, quitte à mourir (le risque est réel vu le rapport de forces), autant le faire les armes à la main.

Il a tout d’abord mené une liste indépendante aux européennes de 2004 puis a interdit aux membres de l’UDF de participer au gouvernement Villepin (de Robien est passé outre). Le 8 juin 2005, pour la première fois depuis 2002, l’UDF a refusé de voter la confiance au premier gouvernement Dominique de Villepin, à la suite du discours de politique générale que ce dernier a prononcé devant l’Assemblée nationale. La moitié du groupe des députés UDF a ensuite voté contre le projet de budget 2006 présenté par ce gouvernement ; les sénateurs Union centriste se sont abstenus. Les 28 et 29 janvier 2006, lors du Congrès extraordinaire de Lyon, les adhérents de l’UDF (91,1 % des votants) ont apporté leur soutien à la motion unique de François Bayrou définissant l’UDF comme un « parti libre et indépendant », au centre, séparé des majorités et opposition de droite comme de gauche et garant d’une démocratie pluraliste. Tout cela ne s’est pas fait sans que déjà l’UDF enregistre depuis 2002 nombre de défections vers l’UMP (tels Pierre Méhaignerie, Philippe Douste-Blazy). La volonté de Bayrou de faire émerger un parti centriste indépendant ne remonte donc pas à 2007, mais témoigne d’une stratégie bien plus ancienne.

L’UMP a laissé faire, d’une part pour ne pas s’aliéner des électeurs qui votent traditionnellement pour elle à chaque second tour et, d’autre part, comptant sur les défections successives pour assécher progressivement l’UDF à son profit. Quant au PS, il n’avait alors nulle raison de s’en mêler, puisque l’électorat de l’UDF était réputé de droite, donc peu susceptible de voter pour lui.

Mais le premier tour de la présidentielle a créé l’électrochoc pour les deux géants. Bayrou se hisse jusqu’à 20 % d’intentions de vote en collectant de nombreuses voix de gauche et semble le seul susceptible de l’emporter face à Sarkozy au second tour. Sarkozy et Royal se sentent tous deux menacés et Bayrou devient la cible de toutes leurs attaques. C’est l’union sacrée Sarkozy-Royal pour sauver la bipolarisation. Finalement, les instituts de sondage (dont CSA, détenu à 44 % par un certain Vincent Bolloré) arrêtent d’envisager le cas de figure d’un second tour Bayrou-Sarkozy, les médias (dont TF1, propriété à 41 % du groupe Bouygues) s’efforcent de crédibiliser un peu plus Ségolène Royal (de façon très éphémère), de décrédibiliser un peu plus Bayrou... qui n’obtient finalement « que » 18,5 %. Les deux géants reprennent leur souffle, mais ils ont eu chaud et ils ont compris la menace. Bayrou refuse tout ralliement au second tour. La guerre au centre est déclarée.

Pour l’UMP, qui a écarté la concurrence de l’extrême droite et remporté l’élection, il est facile de procéder à un recentrage du discours, d’encourager l’émergence d’un parti centriste vassal, de mettre en exergue des défections qui, en pratique, se produisaient déjà à intervalles réguliers depuis 2002. L’attrait de victoires faciles est irrésistible pour beaucoup et la méthode montre des succès certains.

Contrairement à l’UMP, le PS se retrouve attaqué sur deux fronts à la fois, du fait de la ré-émergence de l’extrême gauche. Le PC est bien mort, mais son idéologie fait encore recette. Du coup, le PS est tiraillé entre son intérêt à conquérir le centre grâce à un virage socio-libéral longtemps rejeté, et sa volonté d’englober les anti-libéraux dont le poids politique devient non négligeable et l’apport électoral indispensable. Difficile de faire ainsi le grand écart, sinon en conservant une ligne politique très floue, ce que François Hollande réalise avec brio. Heureusement pour le PS qu’à l’échelle locale les positionnements sont souvent plus marqués, ce qui explique en partie ses récents succès. Mais, malgré ses dissensions internes, le PS n’est pas demeuré les bras croisés depuis un an. Il a continué son travail de bipolarisation aux dernières municipales, en affichant pour la première fois des candidats PS face à des élus communistes de longue date. Les Verts seront sans doute bientôt au menu, comme l’annonce de la nouvelle ligne idéologique du PS, intégrant le développement durable, peut le suggérer (message aux électeurs verts : vous avez plus de chance que vos idées aboutissent avec nous). Quant à Chevènement, tombeur de Jospin en 2002 et un temps candidat à la présidentielle de 2007, il envisage son retour dans le giron PS. Le parti socialiste va donc pouvoir se concentrer à son tour sur le cas du MoDem.

Mais Bayrou ne s’est pas émancipé à grands frais de la confortable tutelle UMP pour tomber dans la très incertaine tutelle PS (quoique certains nouveaux centristes tentent de lui en faire procès). Il a compris que le succès du centrisme (s’il arrive un jour) ne peut passer que par une ligne autonomiste (le seul bémol tient au nerf de la guerre, ce qui explique certains compromis ou alliances lors des municipales). Il marche délibérément sur les pieds du PS et de l’UMP et n’en espère donc aucune clémence. Il sait que ce sera une lutte à mort (de toute façon, pour lui, ce sera probablement 2012 ou rien). On comprend que nombre de membres de son parti, particulièrement ceux habitués à un certain confort électoral, ne veuillent le suivre. À ceux-là, le Nouveau Centre tend les bras. Mais une nouvelle génération, encore sans mandat électoral donc sans rien à perdre, peut accepter de relever ce défi. Bayrou doit sans tarder la faire émerger s’il veut survivre. Il est le dernier rempart possible à la bipolarisation fort désirée par le PS et l’UMP.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39036
rose

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