La colonisation française

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Message par Déchet le Sam 15 Mar - 2:17

Au XVIIe siècle, le cardinal de Richelieu autorisa la Compagnie des Isles d’Amérique à coloniser les Antilles. Le 28 juin 1635, deux Français, Liénard de L’Olive et Duplessis d’Ossonville, débarquèrent à la Guadeloupe (continentale) et en prirent possession. Ils livrèrent aussitôt une guerre sans merci aux Caraïbes, qui dura de 1635 à 1639. L’incessante guerre d’embuscade avec les Français mais aussi la famine et les maladies décimèrent pratiquement la colonie indigène. Les survivants se réfugièrent à l’île Marie-Galante et aux Saintes.

De 1643 à 1664, Charles Houël fut nommé gouverneur de la Guadeloupe, fonda la ville de Basse-Terre et devint propriétaire de l’archipel. Il continua l'extermination des Caraïbes de Marie-Galante et des Saintes. C’est vers 1644 que se dessina la vocation économique de la Guadeloupe avec la culture de la canne à sucre. Comme cette culture exigeait une importante main-d’oeuvre, les Français imitèrent les Espagnols et importèrent des cargaisons d’esclaves noirs originaires d’Afrique. En 1656, le nombre d'esclaves avoisinait les 3000 pour une population totale de 15 000 habitants. Encouragé par le ministre Colbert, ce trafic d’esclave durera près de 200 ans. En 1660, le gouverneur Houël conclut un traité de paix avec les Anglais qui héritèrent des îles de la Dominique et de Saint-Vincent. En 1664, la Guadeloupe passa sous la tutelle de la Compagnie des Indes occidentales, mais finit par être rattachée au domaine royal en 1674 tout en étant soumise à la tutelle martiniquaise; la Compagnie des Indes occidentales fut supprimée.

En 1648, les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy furent abandonnées par les Espagnols qui les avaient jugées trop petites et d’un intérêt limité. Cette année-là (1648), l’île de Saint-Martin n’était occupée que par quatre Français et cinq Hollandais. Le 23 mars de la même année, Français et Hollandais réglèrent le problème de leur «souveraineté nationale» par la signature du traité du mont des Accords. Ils se partagèrent l’île en deux parties: les Français occupèrent la partie nord, les Hollandais, la partie sud. Dans l’accord de 1648, il était convenu d’assurer la libre circulation des habitants sur toute l’île. Les dispositions de 1648 sont demeurées en vigueur jusqu’à aujourd’hui, sans faille aucune, peut-être justement à cause de l'absence de barrières visibles entre les deux frontières. Par la suite, malgré l'occupation franco-hollandaise, c'est l'anglais qui servira de langue véhiculaire sur l'île. En 1651, l’île de Saint-Barthélemy fut vendue à l’ordre de Malte.

Lorsqu’en 1656 des colons hollandais furent chassés du Brésil par les Portugais, ils se réfugièrent avec leurs esclaves en Martinique, mais surtout en Guadeloupe et à Saint-Martin. Parce que les Hollandais étaient réputés être les détendeurs de la technique de fabrication du sucre, le gouverneur français, Charles Houël, avait considéré que l’arrivée de ces nouveaux immigrants allait favoriser l’essor économique. Dans les siècles qui suivirent, l’île de Saint-Martin se peupla de colons et de corsaires anglais, et de quelques esclaves noirs, tout en demeurant sous la double administration franco-hollandaise. Cependant, les Français et les Hollandais durent se défendre pour contrer les incessantes attaques anglaises. Lors du traité d'Utrecht de 1713, la France perdit l’île de Saint-Christophe au profit de l’Angleterre (aujourd'hui, l'État de Saint-Kitt-et-Nevis). Or, la partie française de Saint-Martin (ainsi que l’île de Saint-Barthélemy) était reliée administrativement à Saint-Christophe dont elle dépendait. La perte de Saint-Christophe, qui coupait tout lien naturel avec la France, fit que la partie française de Saint-Martin dut ne compter que sur elle-même pendant un certain temps (cinquante ans); ce n’est qu’en 1763 qu’elle fut rattachée administrativement à la Guadeloupe (distante de 250 km).

En 1816, la signature du traité de Vienne mit fin aux luttes coloniales et assura définitivement la prédominance franco-hollandaise. En réalité, entre le milieu du XVIIe siècle et le début du XIXe siècle, l’île de Saint-Martin / Sint Maarten subit l’influence de la France, des Antilles néerlandaises, des Antilles anglaises, des îles Vierges américaines, de Porto Rico (espagnol), des États-Unis et de la Suède. On peut imaginer le degré de multilinguisme et de multiculturalisme chez la population insulaire. Autour de 1843, l'amiral Alphonse-Louis-Théodore de Moges (1789-1850), alors qu'il était commandant en chef de la station des Antilles et du golfe du Mexique et gouverneur de la Martinique, écrivait au ministre de la Marine française: «Malgré la double occupation (française et hollandaise), c'est la langue anglaise qui est la seule familière à l'ensemble de la population. Cette circonstance s'explique par le peu d'intérêt que la Hollande accorde à cette possession et par l'abandon où nous-mêmes l'avons laissée pendant de longues années.» La situation a changé aujourd'hui, l'île étant envahie annuellement par un demi-million de touristes dont surtout des Américains, puis des Français, des Canadiens, des Néerlandais, etc. Bref, les habitants ont toujours parlé le français, le néerlandais, l'anglais, l'espagnol et différents créoles.

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