Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

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Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Mer 30 Avr - 5:34

Je vous propose de jeter un regard à nouveau sur le commerce des armes et ses ramifications dans le monde et spécialement en Europe ou Proche-Orient et en Afrique...


L’actualité en effet met le projecteur à nouveau sur ce fléau, via un pays au bord de la guerre civile, où un dictateur donné perdant aux élections risque fort de prendre une revanche armée via des groupuscules manipulés et armés par ses soins. Des hommes ravitaillés par des conteneurs bourrés d’armes.


Le hic, c’est qu’il n’est pas le seul à bénéficier d’un laxisme évident à propos de la circulation des armes à bord de porte-conteneurs, censés être inspectés, en réalité perdus sciemment dans la masse vertigineuseà la fois. Des bateaux aujourd’hui plus grands que le Queen Elisabeth ou plus longs qu’un porte-avion comme l’USS Enterprise ! S’y ajoute une véritable mafia d’équipes de surveillance portuaire qui ont parfois de bien étranges ramifications politiques, et des Etats fournisseurs qui ferment les yeux au nom de profits gigantesques ou qui ont abandonné tout droit de regard sur la gestion de leurs ports, devenus d’étranges zones de non-droit étatique. Comme cette enquête est longue et ardue, je vous propose de l’effectuer en plusieurs fois, en plusieurs vagues, dont voici la toute première, en commençant tout de suite par le cas qui nous retient aujourd’hui, celui du cargo An Yue Jiang et de sa cargaison maudite, et de tenter de voir après comment se font ces envois d’armes via des conteneurs anodins. des énormes bateaux, capables aujourd’hui d’emporter près de 10 000 caisses

L’information est apparue dimanche dernier sur les téléscripteurs : alors qu’au Zimbabwe un futur ex-dictateur demande un recomptage des votes, alors que l’on s’attend à l’annonce de sa défaite probable, on apprend qu’un navire arrivé au large de Durban, en Afrique du Sud, serait sur le point de livrer une cargaison de 77 tonnes d’armes à ce même dictateur en disgrâce. Les rumeurs de guerre civile enflent aussitôt dans le pays, beaucoup s’attendant à une réplique visant l’opposition gagnante des élections via l’organisation de milices à la botte de Robert Mugabe. Des milices qu’il faudrait armer, en matériel léger, ce que contient le navire, soupçonné d’héberger essentiellement une cargaison d’AK-47 chinoises, de lance-roquettes RPG-7 (1 500) et de mortiers (3 000), et plus de trois millions de cartouches. Des armes typiquement insurrectionnelles. Une semaine après, grâce à la sonnette d’alarme tirée par des militants du pays, le cargo décide de faire route vers l’Angola, un pays qui a toujours clamé son soutien au Zimbawe. Logique, il utilise la même filière d’armements que lui, après en avoir utilisé bien d’autres.

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Mer 30 Avr - 5:35

Au-delà de la possibilité d’un coup tordu (coup d’Etat ou entretien d’une guerre civile), arrêtons-nous un instant sur la nouvelle brute. Les agences fournissent d’emblée le nom du bateau, le An Yue Jiang, et même sa photo. C’est un porte-container classique de taille conséquente (149 m de long pour 21,80 de large) croisant à 14,5 nœuds de moyenne construit à 6 exemplaires en 1986 (il n’est donc pas tout neuf, ce dont on se doute à voir la rouille de sa poupe !), respectivement les AN QING JIANG, AN XIN JIANG, AN YUE JIANG, AN ZE JIANG, AN GUANG JIANG et AN SHUN JIANG. Tous ont été construits de 1980 à 1987 et ont la Chine comme port d’attache... à Guangzhou, mais sont affrétés à Damman, en Arabie saoudite par AL BOKHARI SHIPPING TRADING & IND. INTL, une division locale de COSCO, pour China Ocean Shipping (Group) Company. Les bateaux immatriculés en Chine sont donc gérés et affrétés... par des Saoudiens. Qui ont ouvert en 2007 un énorme complexe pour porte-containers de 300 millions de rials, décidé par le feu roi Abdelaziz, faisant passer la capacité d’accueil de 800 000 Teu à 2 millions. Le tout géré par un système entièrement neuf, avec un suivi électronique des marchandises vanté par les autorités portuaires saoudiennes... "Now all import cargo documents are exchanged electronically between the shipping agents, the custom brokers, the customs department, the Ports Authority and the port operating companies. Export documents are currently in implementation", dit le dépliant publicitaire. Tout va bien donc dans le meilleur des mondes, celui du trafic de conteneurs et son commerce florissant, dans un conteneur où l’on peut cacher ce que l’on veut, ou plus exactement on peut faire circuler ce qu’on veut si on contrôle à chaque bout le chargement. Et c’est bien cela le problème. COSCO est depuis plus de vingt ans sur la sellette, et personne n’est capable d’arrêter son expansionnisme. Même pas Maersk, devenu le super-géant du transport par conteneur, après son rachat de P&O Nedllyold en février 2006.

Ces 77 tonnes d’armes, en effet, ne sont pas de la contrebande, car elles proviennent d’un accord militaire dûment signé il y a plusieurs mois auparavant et sont donc susceptibles d’être utilisées ici par un dictateur pour restaurer son autorité perdue par les urnes. Ceci nous amène directement à nous poser la question de la libre circulation d’armes à bord de containers de bateaux civils, dûment affrétés par des compagnies qui ont pourtant toutes signées un accord sur le contrôle des containers, accord proposé dans tous les ports importants par les Etats-Unis, après les attaques du 11-Septembre. Sous le nom de Maritime Transportation Security Act (MTSA) et signé le 25 octobre 2002, l’accord devait assurer contre toute attaque terroriste via un port : "This law is the U.S. equivalent of the International Ship and Port Facility Security Code (ISPS), and was fully implemented on July 1, 2004. It requires vessels and port facilities to conduct vulnerability assessments and develop security plans that may include passenger, vehicle and baggage screening procedures ; security patrols ; establishing restricted areas ; personnel identification procedures ; access control measures ; and/or installation of surveillance equipment". En 2007, l’administration Bush a souhaité aller encore plus loin dans la surveillance, pour se heurter aux dures lois du temps d’immobilisation des monstres des mers et l’impossibilité de tout scanner. C’est tout simplement impossible à faire, et ce ne sera pas fait, car beaucoup trop ont intérêt à ce que cela ne se fasse pas. En priorité, les sociétés d’armement, qui y voient une perte de temps et donc une perte avant tout d’exploitation.

En fait, l’analyse va démontrer une chose : les seuls à pouvoir contrôler ce qu’ils veulent, ce sont les sociétés américaines, ce sont elles qui fournissent les scanners géants pour conteneurs et contrôlent même l’accès de certains terminaux via leurs sociétés de sécurité portuaires composées de mercenaires recrutés par elles seules. Résultat, elles acceptent de faire passer ce qu’elles veulent, à savoir leur propre contrebande d’armes ou de drogue si besoin est, quitte à dénoncer celle des autres dans le seul intérêt de sauvegarder leurs marchés forts lucratifs. Là-dedans, l’Etat américain n’a même plus son mot à dire. Et les militaires peuvent ou non sélectionner eux aussi ce qu’ils désirent voir ou ne pas voir. Nous avions déjà évoqué le problème ici, où des officiers peu regardants et pourtant haut placés semblaient bien participer aux trafics illicites d’armes. Des entreprises avaient été clairement épinglées, qui détournaient les armes destinées à la police irakienne. Aucune n’a été arrêtée à ce jour.

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Mer 30 Avr - 5:35

Tous les jours, des centaines de porte-conteneurs sillonnent en effet le monde. A bord, de tout, du papier toilette aux tondeuses à gazon en passant par les jouets chinois et les AK-47 : depuis que le procédé est apparu au début des années 70, il est devenu incontournable pour tous ceux qui désirent commercer dans le monde entier, sans avoir à montrer directement le contenu de ce commerce. Dans ces immenses cargos de nuit aux allures paisibles circulent donc aussi des armes. Chez certains, c’est même une évidence reconnue. Si je vous montre cette photoSS Westward Venture, il n’est pas nouveau, car il date de 1977, fait 790 pieds de long (240 m !) et avance à 24 nœuds. C’est un navire assez atypique avec une allure reconnaissable de loin avec sa rampe de chargement centrale accédant à une sorte d’étage à container. Armé par une société Alaskane, il est entré après vingt-huit ans de bons et loyaux services comme porte-container de l’armée au Military Sealift Command en juillet 2006, après avoir servi de transport pendant la première guerre du Golfe. Avant d’intégrer l’armée, il travaillait pour Totem Ocean Trailer Express (TOTE) dont le développement fulgurant avait reposé sur l’exploitation du pétrole de Prudhoe Bay en Alaska. Tote a été rachetée depuis par Totem, devenu depuis Saltchuk Resources, société sise à Seattle. En 1997, la firme signe un accord pour le transfert régulier "d’engins agricoles" vers la mer Noire. Tout le monde se doutait que sous le vocable agriculture se cachait tout autre chose. Oui, mais, vous allez me dire, c’est surveillé de près tout ça. Et c’est exact. Le 3 octobre 2001, on apprenait par exemple que la firme Lockheed Martin a signé un important accord avec la... Roumanie pour la surveillance par radar du trafic maritime en mer Noire. Un radar, dans le port de Constantza. Un port qui dispose de 4 terminaux contrôlés par les sociétés Socep, Constantza South Container Terminal, Umex and APM Terminals, une société d’origine danoise devenue depuis A.P. Moller Maersk et première mondiale pour le trafic de container. APM est en fait très présent au Nigeria notamment à Lagos Port Complex (Apapa), mais aussi en Equateur ou en Jamaïque. Et partout quasiment dans le monde. Odessa, le port pivot du trafic d’armes à partir de l’Europe centrale, est aussi desservi, et plutôt bien même. Maersk y recrute mêmeavion cargo si le besoin s’en fait sentir. Maersk dispose de ses quais, gérés par la firme seule, au détriment des droits du pays qui l’héberge le plus souvent. Ses géants entrent dans près de 90 ports américains sans problème de papiers, car ces 90 ports, justement, sont tous gérés aux Etats-Unis même par des compagnies privées étrangères ! (STR/AFP/Getty Images) d’enfants se baignant dans le canal de Suez au passage d’un porte-container, vous n’imaginez pas que ce dernier est un bateau... militaire. Et, pourtant, c’est bel et bien le cas. C’est le ses treize personnes pour son bateau géant de 397 m de long, mais transporte aussi par

"At least 90 terminals at America’s largest ports are today operated by foreign companies, according to an excellent survey by the Washington Times that appeared on Feb. 22. The largest operators are China Ocean shipping Company, APM Terminals (Denmark), APL (Singapore), Hanjin Shipping (South Korea), and three Japanese companies, Kawasaki, Kisen, Kaisha Ltd, Mitsui O.S.K. Lines, and Ceres Terminals."

A noter que dans la liste apparaît justement COSCO (China Ocean Shipping Company), la compagnie chinoise détentrice de bateaux géants. Des géants qui ont parfois du mal à gérer leur taille, comme sur cet exemple où un navire Cosco, le Cosco Busan, de 810 pieds (246 m) et 65 131 tonnes s’est payé le 8 novembre dernier le pilier du San Francisco-Oakland Bay Bridge, pourtant bien visible (même si on invoque le brouillard !) en provoquant une mini-marée noire. Une première à cet endroit. En résumé, il y a bien longtemps que les ports et leur contrôle échappent à la vigilance des Etats.

Déjà, sous l’ère Clinton, aux Etats-Unis, l’affaire COSCO avait fait... des vagues. En janvier 1998, en effet, il y a dix ans donc, à la surprise générale, Clinton signait un accord étonnant avec la firme chinoise, lui accordant tous les droits de gestion des terminaux de conteneurs bâtis sur ce qui fut une ancienne base navale de la Navy, située à Long Beach en Californie. Les journaux titrent alors "l’armée chinoise contrôle le plus grand port de la côte Ouest". Pour ne rien arranger, les Américains découvrent que la firme est très liée au WAMPOA-HUTCHINSON GROUP, qui n’est rien d’autre que celui gérant... le canal de Panama. Ou qui gère Europe Container Terminals, en Hollande ou celui de Karachi, au Pakistan. Des sites droitistes tirent la sonnette d’alarme : à proximité de Long Beach, on trouve le Pacific Missile Test Center, le centre d’essai des missiles, le U.S. Naval Weapons Station, qui gère les tests de nouveaux armements navals, ou la flotille navale de sous-marins n° 5 ou un peu plus loin encore... la Silicon Valley. En 2006, on apprend que W. Bush a sélectionné Wampoa-Hutchinson pour détecter des possibles armes nucléaires à bord de conteneurs... tollé général aux Etats-Unis "The Bush administration selected Hong Kong-based Hutchison Whampoa to operate a U.S.-made nuclear weapons detection system at a container ship port in the Bahamas". Pour appuyer encore sur la crainte terroriste, on découvre dans un des conteneurs de COSCO trente-deux immigrants clandestins chinois entassés au milieu des cartons. Un commentateur fait remarquer que "COSCO ships have carried weapons to Iran, Iraq and Cuba". Et rappelle un autre haut fait d’arme, sans jeu de mots, de la firme chinoise : "in 1998, U.S. intelligence agencies tracked a COSCO freighter from Shanghai to Karachi, Pakistan, with a load of weapons-related goods, including specialty metals and electronics used in the production of Chinese-designed Baktar Shikha anti-tank missiles".

Chez les républicains, on évoque plutôt le cas des chèques accordés par les Chinois à la campagne de Clinton... par le lobbyste taïwanais Johnny Chung. Chung avouera plus tard avoir reçu 300 000 dollars directement de Liu Chaoying, le colonel de l’armée chinoise à la tête des lancements spatiaux, pour alimenter les caisses démocrates. Chung sera reçu quarante-neuf fois de suite à la Maison-Blanche par les époux Clinton. Sa déposition devant le comité de la Chambre des représentants sera édifiante. Il évitera de peu trois tentatives d’assassinat, et travaillera même pour le FBI, le corps complètement gainé de câbles et de micros pour tenter de piéger ses anciens amis de la Chine rouge. En se comparant dans sa biographie à... Forrest Gump.

Mais ce n’est pas le seul cas auprès de l’administration américaine. Le successeur de Clinton, W. Bush, choisissant lui un autre camp... celui de ses amis de toujours, les Saoudiens. En 2006, un accord passé entre APM Maersk et la ville de New York annonçait que la ville louait bien une partie des terminaux à APM, mais que désormais sa sécurité dépendrait de "Dubai Ports World" : à huit ans d’intervalle, l’administration Bush refaisait le coup de Long Beach, en cédant tous ses droits sur la gestion cette fois du port principal de la côte Est, mais aussi quelques autres et non des moindres : la Nouvelle-Orleans ou Miami, autres plaques tournantes des trafics en tout genre. Le capitalisme avide a engendré une hydre supra-nationale, qui décide désormais de qui peut entrer dans les ports d’un pays et y faire ce qu’il souhaite. En 1995, pourtant, le M/VEmpress Phoenix de COSCO avait été arraisonné par les douanes américaines. On avait découvert à bord de ces conteneurs 2 000 AK-47 destinés aux gangs de Los Angeles... On le retrouve en 2007 à inaugurer un service en compagnie de la CMA CGM, une société dont on connaît bien ici un autre fleuron...

Il n’empêche, W. Bush choisit lui aussi d’abandonner sa souveraineté nationale aux portes de ses principaux ports : "Dubai Ports World was scheduled to assume a 30-year lease and manage port operations of the Port Newark Container Terminal LLC in the Port of New York and New Jersey, as well as acquire terminals in Baltimore, Miami, New Orleans and Philadelphia in March 2006. Except for cargo screening functions performed by the U.S. Department of Homeland Security (“DHS”), the port operator is responsible for securing all cargo entering and exiting the port, maintaining the port facility itself, and hiring port security personnel ; yet, approximately 8% of containers entering U.S. ports are inspected by DHS, while the rest are monitored by the port operator". Une décision surprenante, diversement appréciée.

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Mer 30 Avr - 5:36

A l’autre bout de la chaîne, en effet, on retrouve... l’Irak. C’est Maersk en effet qui gérait entièrement le terminal de Zubair en eau profonde en Irak depuis avril 2003, ce que d’aucuns avaient perçu comme un cadeau pour l’aide du Danemark au sein de la coalition : "Maersk was given control of Zubair by the invading troops, a political plum to reward Denmark for participating in the invading coalition forces". Le contrat en avait étonné plus d’un : "Lots of people were trying to make use of the chaotic situation to get themselves lucrative contracts.But Maersk were the most blatant of them all and openly took advantage of the situation. (They) presented us with a contract that had been signed by a low-ranking officer of the U.S. military who had no authorization to make such a deal." He called the terms of the contract so favorable to Maersk that it was "almost ridiculous." Maersk got 93 percent of all port fees plus almost $15,000 a day. Des contrats aussi juteux comme ça, en effet, ça ne se dégotte pas tous les jours. Au point de se faire tirer quand même l’oreille : en 2005, le 4 mars, le contrat n’est pas reconduit par le gouvernement irakien, qui n’y trouve pas son compte, certains diront plutôt son bakchich. L’ancien ministre des Transports, Nabil Atta dira même : "Maersk ruined everything for themselves. We were ready to give them a long-term contract for the port but the Maersk people... kept making demands that were completely unreasonable." A force d’avoir trop voulu pomper l’argent... Ailleurs, en Irak, c’est une autre firme qui décroche un autre contrat : à Um Qasr, "Stevedoring Services of America was given a no-bid contract by the US military, even before the invasion began, to operate half the terminals." Stevedeoring sera racheté en 2006 par SSA Marine. La firme fera appel à une bien étrange société pour sécuriser ses envois : Olive, une firme anglaise du type Blackwater. En résumé, ce sont des mercenaires privés qui vont "superviser" le trafic de container partant ou arrivant à Qasr. Là encore, l’administration américaine s’en lave les mains, et le gouvernement fantoche irakien aussi, fermant les yeux sur les trafics qui peuvent se mettre en place, faute d’autorité réelle. "SSA Marine was awarded a sub-contract last year (2003) for security at the port of Umm Qasr in Iraq to Olive Security, a United Kingdom-based company. The USAID-approved sub-contract of six months commenced last October 15 with the arrival of a team of 40 veterans from the Brigade of Gurkhas at the facility". Olive s’occupe également de la sécurité du mort de Dubai... ou son but est de développer je cite "the new makert enter strategy".

A l’origine du contrat, du favoritisme pur et simple : Tony Allum, père du fondateur d’Olive avait rencontré à plusieurs reprises les dirigeants de Bechtel pour préparer le terrain : "Olive came under scrutiny in 2003 after it emerged that the co-owner’s father, Tony Allum, visited Washington to meet with Bechtel leaders as an envoy of Iraq Industry Working Group, an arm of the British government. Allum and his son deny any contracts were awarded due to favoritism. Under another U.S.-Bechtel deal, Olive provided security in Mississippi for travel trailers and mobile homes in the wake of Hurricane Katrina". Ces mêmes mobile homes aujourd’hui fortement critiqués : ils sont bourrés de Formaldehyde et envoient tous leurs occupants rendus malades à l’hôpital. La société Olive est essentiellement composée d"anciens militaires anglais reconvertis dans le business militaire, à l’image de Blackwater et ses contrats juteux. Olive a son siège désormais à Dubai et... la boucle est bouclée : à chaque bout de la chaîne de transport, ce sont les mêmes mercenaires. En cas de problèmes juridiques, la société fait appel à un cabinet d’avocats de Dubai. Baker, Botts, LLP, fondé par l’ancien secrétaire d’Etat américain du père de W. Bush, James Baker, ancien de Reagan également. En 2006, c’est à lui que le président a confié un groupe d’études sur l’Irak... Evidemment, ses propositions restèrent dans le domaine du... risible, si le sujet n’avait pas été aussi grave... L’homme pointe toujours ses jetons de présence au Carlyle Group. Etant lui-même impliqué financièrement dans le relèvement de l’Irak, c’était bien le dernier à qui confier ce rôle ! A tous les étages, on rencontre soit du favoritisme, soit de la corruption, soit de l’irresponsabilité : à chaque bout du trajet commercial des conteneurs, on a des mercenaires et non un Etat. A partir de là, ce n’est plus la peine de croire que l’on peut échapper au trafic de drogue ou d’armes. L’argent prime largement sur le souci de la sécurité nationale. La guerre a bien été privatisée, comme l’avait dit un jour Donald Rumsfeld, dirigeant des armées et consultant chez Northrop Grumman Aerospace, l’un des plus gros fournisseurs en matériel de guerre de l’Etat américain.

Mais revenons-en donc à notre exemple de porte-conteneur américain resté au milieu de notre canal de Suez au début de l’article. Avant de devenir le Westward, ce bateau s’était fait appeler l’Atlantic Bear, sous le nom duquel il avait été testé par l’armée en 1983 avec le MV Cygnus, qui possédait lui deux grues de 35 tonnes à bord. Le bateau, l’année dernière encore, chargeait des engins Strykers à Bremerhaven destination l’Irak, comme le faisait son collègue l’USNS Mendonca de 950 pieds de long 62 000 tonnes de déplacement. Lancé lui le 14 avril 1999.Navy, dont le Bob Hope, du nom du célèbre amuseur national, qui a donné son nom à la classe de bateaux ! C’est en effet un des dix-neuf cargos porte-containers de la
Un porte-conteneur à qui il est survenu une drôle d’histoire... vendredi 25 avril dernier, le SS Westward Venture a en effet tiré sur des vedettes iraniennes qui s’approchaient trop de lui, au canon de 50 et à la mitrailleuse de 30. Le bateau était donc bel et bien armé. Comme quoi ce peut être bien trompeur, aujourd’hui un porte-conteneur... Demain, nous suivrons les aventures de ses collègues et surtout les ramifications auprès des vendeurs d’armes, et nous irons même visiter... Anvers. Pour ce qui est du An Yue Jiang, pour l’instant, il a accosté en Angola, autre fief de la corruption et pays de tous les trafics que connaissent bien les Français via des personnes célèbres ici, tels le fils Mitterrand et notre grand visionnaire de salon Jacques Attali. Pendant qu’il est à quai, les affaires continuent...
par morice
rose

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Cargos de nuit (vague 2)

Message par avec-amour-et-paix le Jeu 1 Mai - 10:43

Après les monstres des mers, ce qu’ils transportent exactement. Beaucoup d’armes, on l’a vu, le plus légalement du monde. Mais aussi bien d’autres moins légales, dans un trafic mondial qui a comme approvisionnement les Balkans et plusieurs plaques tournantes, dont la Belgique. Attachons-nous tout d’abord à ce cas, symptomatique d’un double trafic, et regardons attentivement quelles en sont les conséquences politiques. Elles sont désastreuses : les plus grands vendeurs d’armes y bénéficient, comme dans d’autres pays européens, d’une mansuétude grave de la part des autorités, car ces dernières sont parfois contraintes d’utiliser leur savoir-faire, qui est parfois immense. Retour sur les liaisons dangereuses qu’entretiennent des ports comme Anvers, pivot de l’approvisionnement en armes de l’armée américaine en Irak.

L’armée américaine en Irak est une gabegie journalière, on le sait. Incapable de s’adapter au pays conquis, il lui faut tout importer, du char au hamburger en passant par les jeux vidéos pour distraire la soldatesque entre deux alertes dans la Green Zone. En 2003 également, il a bien fallu acheminer par conteneurs l’armée américaine au complet. Les avions n’y suffisaient pas, bien entendu, certains gros porteurs étant en révision (le C5 Galaxy), et c’est bien comme ça d’ailleurs qu’on s’est aperçu que quelque chose se tramait, à voir l’intensification des préparatifs dans les ports européens qui y ont participé. On a déjà cité Bremehaven dans le précédent article, on eut aussi citer Anvers, et son terminal du Waasland, sur la rive gauche de l’Escaut. Pour décharger les matériels en provenance des garnisons américaines installées en Allemagne, Anvers a servi et sert toujours de plaque tournante pour alléger le trafic de Rotterdam en particulier. Ainsi en juin dernier, toute une division, la 173e brigade Combat Team est partie de Schweinfurt et de Bamberg en direction de l’Afghanistan, en transitant via Anvers. En juillet, c’est la 2nd Cavalry Regiment (devenue 2nd Stryker Cavalry Regiment) qui est partie de Vilseck (avec ses 300 chars Stryker !) pour le même trajet ou presque, puisque le débarquement se faisait en Irak cette fois. En septembre 2004 c’était l’inverse, avec la 1st Armored Division qui débarquait ses matériels usagés embarqués en Irak à bord du USNS Gordon. C’est du lourd qui revient, dont beaucoup en mauvais état après les premiers combats. 70000 tonnes, allant des chars aux hélicos Blackhawk ou Apache sont ainsi débarqués de quatre transporteurs LMSR (USNS Brittin, USNS Pomeroy, USNS Benevidez et l’USNS Watkins), pour prendre le train pour l’Allemagne, les hélicos repartant eux par barges sur le fleuve. Un bateau plus rapide, l’USNS Denebola étant également utilisé à partir d’Anvers. Selon un document de l’armée US, outre les barges, ce sont 45 trains et 500 camions qui ont été nécessaires pour charger l’USNS Seay, et le MV Cape Douglas. De la même manière, et dans le sens Allemagne-USA, la 838e récupérait ainsi ses Apache provenant de la KFOR au Kosovo et au Montenegro via la barge fluviale Dynamica, chargée par le Rhine River Detachment, du Rhin vers L’Escaut puis Anvers et un des USNS cités, direction Charleston, SC. D’autres matériels du 838e repartant eux du Germersheim Army Depot via un bateau civil ordinaire de P&O. Les porte-conteneurs civils servent à tout, on vous l’a dit dans l’épisode précédent.

Bref, la majeure partie des chargements de troupes de l’Otan ou des bases US en Allemagne, quand elle ne part pas de Bremehaven, transite par Anvers ou Rotterdam. Evidemment, à Anvers, la SNCB est dans le coup, qui participe des transferts par voie ferroviaire de ces matériels de guerre. Et tout cela sans qu’on ne s’en émeuve outre mesure. Des chargements dangereux circulent, mais en containers on ne les distingue pas, ce doit être ça l’avantage. L’Otan a trop bon dos, et la France, elle, ne l’aurait pas accepté à Marseille. On en reste pour autant aux transports légaux. Mais on peut craindre autre chose, via cette filière camion-péniche-porte-conteneurs. L’Europe centrale n’est pas si loin que ça, via l’axe Rhin-Danube. La Roumanie, l’Ukraine, la Serbie ou le Kosovo, la Croatie ne sont pas obligés de passer par la filière Mer Noire, un peu trop surveillée par l’ex-Urss. Anvers est à portée de fleuve, le port est plus discret qu’Odessa, et les contrôles fluviaux plus souples ou plus discrets. Avec en effet sur place des agences portuaires ou de transit... très spéciales, parfois même installées en plein pays comme au Brabant flamand, à proximité de la capitale belge, à Tervuren. En la personne de Claudine Fraiture, la gérante du cabinet North Atlantic Consult. Une dame aujourd’hui représentante exclusive des lunettes de visée nocturne ITT, denrée très prisée en ce moment par tout le monde militaire, le représentant français d’ITT étant la Jenoptec qui fournit l’armée du pays. La dame citée n’est pas une totale inconnue. Elle a été mise en examen en 2000 comme associée du marchand d’armes Jacques Monsieur, lui-même lié à François Lasnosky et Patrice Bourges (le propre fils d’Yvon Bourges), tous accusés d’avoir vendu illégalement des armes en Bosnie-Herzégovine, au Qatar, en Afrique du Sud, au Congo-Brazzaville, au Vénézuela, en Côte d’Ivoire et en Angola... Des profiteurs de guerre, bénéficiant de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.

Jacques Monsieur est un cas d’espèce atypique dans le monde des marchands d’armes : c’est un juriste de formation mais aussi un officier de réserve de l’armée belge qui fit plusieurs missions en son temps pour le Service général de renseignement (SGR, ex-SGDRA) de l’armée belge. On comprend pourquoi dans ce cas on a autant hésité en Belgique à l’arrêter une fois sa ou ses contrebande(s) découverte(s). Le journal de Morgen révéla en effet le 23 août 1989 qu’il fournissait des armes dans le cadre de l’Irangate, en réussissant même à vendre 600 missiles US Tow à Téhéran... il n’avait en fait qu’un boulevard à traverser pour se rendre au siège de l’Otan, où il avait toujours eu ses entrées.

Monsieur ou un autre consultant très intéressant, un de ses associés, Lasnosky, qui s’appelle aussi Jean-Bernard Lasnaud, qui a aujourd’hui plus de 60 ans et habite... la Floride, où il passait encore avant 2002 des jours tranquilles, fortune faite avec sa firme locale Caribbean Group. "Over the years, Lasnaud, 60, has been sought on a number of arms-related charges - mostly allegations of embargo violations and financial fraud - in France, Belgium and Argentina. A Belgian newspaper reported in 1983 that Lasnaud was convicted in absentia for illegal arms trafficking. He was sentenced to two years in prison, but the newspaper said police could not find him. A few years later, he showed up in the United States." Dans les années 90, il a vendu pour 70 tonnes d’armes à l’Equateur, via l’aide du capitaine Horacio Estrada, un des capitaines argentins de l’époque des tortures (et tortionnaire lui-même). Ce dernier a fini par être retrouvé mort à Buenos Aires, en train de négocier la vente de 1500 fusils à la Sierra Leone, avec à l’autre bout de son ordinateur... Lasnaud. Les autorités américaines ne l’arrêtèrent pas pour autant malgré cette preuve de son implication dans le trafic. Elles avaient trop besoin de lui, pour armer alors la Croatie sans alerter les vigiles de l’Onu, prompts à faire respecter l’embargo décrété. Les armes, affrétées par Lasnaud, proviendront de l’Argentine, de L’Afrique du Sud, de la Hongrie, de la Slovénie, de la Bulgarie, de la Pologne, de l’Ukraine et de... l’Iran, qui doit écouler alors ses énormes surplus de guerre contre l’Irak. Via Modelex, l’exportateur officiel du ministère iranien de la Défense, qui connaît à l’époque sa période faste. Le fils de Lasnaud, Alexandre, reconnaissant même plus tard que des radars chinois auraient aussi été vendus par son père, via l’armée américaine, parfaitement au courant du deal ! Leur correspondant en Croatie est Ante Gotovina, un véritable voyou devenu général croate, recherché par le Tribunal pénal international et arrêté à Ténérife, le 7 décembre 2005 après une longue cavale. Son procès s’est ouvert le 11 mars 2008 à La Haye. L’homme a fait partie du service d’ordre de JM Le Pen dans les années 80, au sein de la société de surveillance KO. "Selon les renseignements généraux, KO sert de couverture au Service d’action civique (SAC), organisation secrète créée en 1959, en marge du mouvement gaulliste." On n’a toujours pas compris comment il était sorti de prison en France quelques mois seulement après être tombé pour un vol de bijoux. L’aide d’un réseau d’extrême droite organisé dans plusieurs pays, dont la France à Nice et en Corse, l’a aidé durant toute sa cavale alors qu’on le poursuivait pour crimes contre l’humanité. Chose de laquelle il devra répondre aujourd’hui. JB Lasnaud, lui, continuant tranquillement ses œuvres sur son site : en vendant même des scanners géants pour conteneurs...

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Jeu 1 Mai - 10:43

Gotovina, mais aussi Vladimir Zagorec, l’adjoint direct du ministre croate de la Défense dans le gouvernement de Fanjo Tudjman, le dirigeant du pays bien peu regardant (et passablement corrompu lui-même). Zagorec, lui, ne risquant rien : il est à l’origine de la récupération par Israël d’un exemplaire très prisé de batterie de missiles S-300 Almaz, acheté en 1998 par la Croatie. Et revendu une fortune, pour permettre à Israël de développer les engins de contre-mesure. A l’origine du deal, deux firmes : Nevada Trading Lts, sise au Negev, et Winsley Finance. Un dealKrajina, contre les Serbes, provoquant un ressentiment durable encore visible aujourd’hui. "Cette opération, qui se poursuit jusqu’au 15 novembre, est dirigée par Gotovina. Durant ces trois mois, selon l’acte d’accusation du TPI en date du 21 mai 2001, les forces croates se sont livrées à de nombreuses exactions contre les Serbes vivant dans la Krajina, tuant 150 d’entre eux et entraînant la disparition de centaines d’autres." juteux à 19 millions de dollars. En récompense, les Américains laissèrent les Croates lancer leur offensive sur la

Le vendeur argentin étant le président Carlos Menem lui-même, assisté par Monzer Al Kassar, le "prince de Marbella" en raison de ses fêtes fastueuses, lui aussi d’origine syrienne, comme Menem. Kassar, arrêté en juin 2007 en Espagne, avait laissé entendre qu’il fournissait en armes et en argent les insurgés irakiens : "In an interview in October of last year with the British newspaper The Guardian, al-Kassar acknowledged he was friends with an alleged leader in the Iraq insurgency who was a relative of Saddam Hussein, but insisted he knew nothing of the man’s role in fighting against the U.S. occupation."

Lasnaud avait été arrêté lui à la frontière suisse le 25 mai 2002, puis relâché. Au procès de Jacques Monsieur, débuté le 31 mars dernier dans l’indifférence journalistique générale (c’est à huis clos paraît-il !), ce dernier indique avoir livré des hélicoptères MI-24 et MI-8 Modelex à l’ancien président Pascal Lissouba, contre des cargaisons de pétrole. Il y explique sans broncher que selon lui il n’avait rien à craindre car il était "couvert" par les services occidentaux (DST, CIA, Mossad) via sa société Matimco Ltd (d’origine mauricienne !). En fait il révèle aussi s’être fait aider par un dénommé David Benelie, en fait de son vrai nom David Azoulay, un homme ayant la double nationalité, israélienne et sud-africaine... et ancien du Mossad (c’est son frère qui avait capturé Eichmann !), lui-même en relation étroite avec Marc Rich, sulfureux homme d’affaires US... ayant acheté du pétrole à l’Iran en pleine crise iranienne des otages ! L’homme, réfugié en Suisse, sera absous en 2001 par Clinton, décidément dans tous les mauvais coups tortueux. Rich est juif, né en 1934, à... Anvers, et avait dû quitter la ville en 1942 sous la pression des nazis. Son accusateur, dans l’affaire de l’Irangate, s’appelait Rudolph Giuliani, à l’époque procureur général... et son avocat s’appelait Lewis Libby ! Le monde est trop petit, parfois. Rich était en fait lui aussi un trafiquant d’armes notoire :

"Pendant des décennies, Rich détint le contrat exclusif de la commercialisation à l’étranger des métaux précieux soviétiques. Par cette filière, il se livrait à un trafic d’armes de grande ampleur, qui aurait continué jusqu’à récemment, avec la collaboration d’un certain Viktor Bout, un gros trafiquant d’armes sur le ’marché noir’ russe qui a joué un rôle dans le scandale de corruption qui touche actuellement Ariel Sharon."

Depuis de l’eau a coulé sous les ponts des marchands d’armes : Ariel Sharon est dans le coma et Viktor Bout emprisonné, comme quoi tout arrive. D’autres consultants portuaires sont tout aussi intéressants, surtout s’ils ont leur bureau à Anvers même. La société Falconsult, par exemple. Dirigée depuis 2002 par un homme qui revendique aujourd’hui "26 ans d’expérience" dans les ports de Zeebrugge et Anvers. Avec un poste de directeur, notamment entre 1980 et 2006, chez Hesse-Noord Natie, une autre société d’exploitation de terminaux portuaires. Or c’est cette firme, justement, par laquelle sont passés tous les transbordements militaires US d’AnversUSS Gilliland venait encore y charger ses matériels de guerre supplémentaires. Notre homme, sur son site d’entreprise, arbore un drapeau anglais... mais pas de drapeau belge. A la place, un drapeau... flamand, ce qui pourrait, à ce stade, surprendre. Pas vraiment : tout petit il faisait déjà partie de l’association estudiantine catholique flamande (KVHV, Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond), a fondé en 1976 le NSV, un mouvement ultra-nationaliste, et a participé également au groupe de Warande, sur l’indépendance de la Flandre. Chaud partisan d’une "Forza Flandria", il vient d’être élu président... du Vlaams Belang. De gérer les chars US en partance pour la guerre mène à tout, semble-t-il. A la fortune et à la gloire en politique, pour Bruno Valkeniers. décrits plus haut, notamment déjà ceux de la première guerre du Golfe ! Les trains arrivaient au Vrasenedok, au terminal Hesse-Noord Natie, quais 1237-1239. Un service signé Hesse-Noord Natie qui a dégagé des bénéfices faramineux : en 2003, 12 685 000 $, en 2004, 13 150 000 $, en 2005, 8 000 000 $ et en 2006 encore 1 200 000 $. Le 15 mars dernier encore, l’

On a toujours su la fascination qu’exercent les armes chez les gens d’extrême droite, Gotovina en étant un excellent exemple. Ce qu’il y a à craindre, c’est que des gens de cette nature placés à des endroits stratégiques en arrivent à profiter des trous béants existant dans la circulation des armes en Europe comme dans le monde pour se constituer un stock de guerre... en prévision d’une guerre civile ou d’un coup d’Etat, dont tout parti de ce genre rêve un jour ou l’autre. En septembre 2006, justement, la Belgique se réveille groggy avec l’annonce de la découverte d’un complot militaire visant son roi et le pays. Un groupe néonazi, baptisé Sang-Terre-Gloire-Honneur (BBET, Bloed-Bodem-Eer-Trouw), très actif au sein de l’armée. On arrête 17 personnes, "principalement des militaires et des personnes ayant une idéologie d’extrême droite qui, pour certains, s’exprime clairement par le racisme, la xénophobie, le négationnisme, l’antisémitisme et le néonazisme", précise le parquet belge. Mais ça ne s’arrête pas qu’à un folklore idéologique. Ces gens ont des armes, et ont appris à s’en servir au cours de week-ends de formation où ils s’entraînent, parfois même sur les terrains de l’armée. Pire : ils avaient des armes, car ils en faisaient commerce. A partir des détournement de l’armée ? Même pas, à partir de l’organisation d’un véritable commerce parallèle, comme il peut en exister dans ce milieu où les armes sont le symbole de la puissance masculine. En Belgique, jusqu’au 21 juin 2006, posséder une arme était chose aisée. A la suite d’un meurtre raciste d’une jeune femme et de son enfant par un jeune sympathisant d’extrême droite, la législation a été modifiée. Mais il reste un gros point noir : "actuellement seules 800 000 armes à feu sur les 2 000 000 estimées en circulation en Belgique sont enregistrées - et la plupart d’entre elles le sont de manière erronée". Le meurtre avait une origine claire. "Hans Van Themsche avouera très vite qu’il a agi par racisme. Il semble même qu’il en est fier. Il a déclaré qu’il avait acheté une arme de chasse et des munitions, puis qu’il était parti à la recherche de personnes d’origine étrangère pour les abattre. Pour se donner du courage, il portait des croix gammées nazies et d’autres signes de l’extrême droite. Les enquêteurs découvrent également qu’une partie de la famille du meurtrier est membre du Vlaams Belang, parti flamand d’extrême droite." Un jeune, influencé par ses parents mais aussi par d’autres, qui ont bien compris l’usage de l’Internet pour diffuser leur idéologie nauséabonde. Un reportage de la RTBF montrait récemment le lien entre les armes des jeux vidéo et le recrutement par le groupe belge Nation des jeunes joueurs de BattleField2. Le recrutement sur Internet existe, nous dirons aussi le trollisme incessant de certains participants à des blogs associatifs ou citoyens afin d’imposer leur seule vue extrêmiste. L’extrême droite s’est aperçue que l’expression individuelle lui échappait avec l’Internet et fait de gros efforts pour faire taire ceux qui dénoncent ses pratiques sectaires. A Agoravox, nous n’y échappons pas, à cette vindicte journalière et à l’étalage de ses idées brunâtres.
Les marchands d’armes bénéficient donc de techniques nouvelles de distribution de leurs marchandises à hauts profits, grâce au contrôle par le privé du circuit des conteneurs, et des personnes aux idées douteuses en bénéficient ouvertement : il nous reste à voir l’origine de l’essentiel de ces armes de contrebande, à savoir les Balkans et ce qui reste de l’ex-Yougoslavie, du gigantesque arsenal russe et de ses anciennes provinces devenues indépendantes. Nous le verrons à partir d’un exemple étonnant de vendeurs d’armes à peine pubères découverts en mars dernier seulement en... Floride. En attendant, on peut toujours fureter pour savoir où en sont nos deux vedettes du marché, à savoir Viktor Bout et Yaïr Klein. A cette heure, ni l’un ni l’autre ne font déjà plus parler d’eux. A croire qu’ils sont déjà repartis dans la nature, qui sait. Pour tous deux, ce ne serait pas la première fois.
par morice
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Cargos de nuit (vague n°4)/La Transnitrie,une République de gangsters

Message par avec-amour-et-paix le Lun 12 Mai - 19:33

Cargos de nuit (vague n°4)/La Transnitrie,une République de gangsters
Notre quête du marché des armes et de leur vecteur principal de transports que sont les conteneurs nous amène aujourd’hui à étudier attentivement le cas d’un pays méconnu, qui n’a pas encore 18 ans d’âge (c’est pour bientôt) et qui pourtant se révèle être la patrie de la contrebande, ou plus prosaïquement une République de gangsters, comme d’aucuns l’ont affublé.
Un minuscule Etat, qui malgré l’absence de ports dignes de ce nom, s’est arrangé pour devenir la plaque tournante dans le monde du trafic illicite d’armes. Dans ce pays, tout est hors normes. Le pays lui-même fonctionne comme un gigantesque port franc, où les lois n’existent plus autres que celles qu’un pouvoir fort centralisé veut bien octroyer. Bien entendu, on a affaire à une oligarchie quasiment familiale, qui ne se soucie avant tout que de son intérêt personnel avant celui de sa population. Fait à noter également, c’est le seul pays de l’ex-Empire soviétique ayant recherché une indépendance pour mieux clamer son regret de ne plus être sous le joug de Moscou. Un masochisme intéressé, en réalité.




La Transnistrie, ça n’est pas un pays imaginaire (La Bordurie) échappé d’un album de Tintin (le sceptre d’Ottokar), c’est un pays, ou plus exactement une simple région, qui se prend pour un pays autoproclamé. Un pays autonome non reconnu par la communauté internationale, et issu des rebondissements de l’éclatement de l’ex-URSS. Quand on lui fait remarquer que son indépendance gagnée de la sorte en 1990 est assez critiquable, le pays et son président font référence inévitablement... à Thomas Jefferson et à sa revendication d’indépendance face aux Anglais. Là, c’est en fait l’inverse : la Moldavie devenue indépendante, la Transnistrie voulait rester... russe. Un pays qui s’est séparé sans regrets de l’original, donc, en l’occurrence ici la Moldavie, dont il ne représente que 11 % seulement du territoire. Sur 4 113 km2 seulement (l’équivalent des terres en Polynésie française ou la Belgique divisée par sept) autour de sa capitale Tiraspol, coincés entre le Dniestr et l’Ukraine vivent 550 000 habitants (Moldaves, Russes et Ukrainiens). À peine la population de Katmandou. Un minuscule pays "qui n’existe pas" légalement, marqué par une histoire terrible, celle d’un homme, Antonescu, le leader fasciste, surnommé parfois "le Pétain roumain", et sa terrible Garde de Fer, alliée aux troupes allemandes, qui commirent les pires exactions contre notamment les juifs du pays. Selon certaines sources, plus de 280 000 périrent ainsi, ce qui fait de la Roumanie la plus grande contribution à l’holocauste après l’Allemagne elle-même. En 1941, plus de 150 000 juifs de Bessarabie et du Bukinova furent déportés en Transnistrie. 100 000 seront tués à Odessa, Bogdanovka ou Akmecetka entre 1941 et 1942, dont certains directement par les Einsatzgruppe des SS. Ce lourd passé explique parfois le comportement de certains, aujourd’hui, dans le pays, qui voudraient prendre leur revanche contre la fin de la guerre en tentant à nouveau de propager les théories racistes d’Antonescu. Une fin qui avait vu les dirigeants roumains fascistes fusillés dès le 1er juin 1946, après un rapide procès.

En mai 2004, des tombes juives du cimetière de Tiraspol sont profanées et un cocktail molotov jeté sur une synagogue. Un journal Moldave précise l’origine des exactions, en la personne de groupuscules néo-nazis entretenus par le pouvoir, comme le clame le représentant du parti "Pro europa", Boris Asarov."Asarov claims that extremist Russian nationalist organizations in the breakaway republic (Vityaz, the League of Slavic Youth and Lutichi are supported by the MGB (the former KGB), which allegedly helps them to run training camps on the outskirts of Tiraspol. Each of these “nationalistic and chauvinistic” organizations, according to the author, have hundreds of members who “have never hidden their antisemitic views.” Mr. Asarov focuses in his article especially on the organization Vityaz, headed by former MGB special forces officer Ruslan Pogorletsky. His organization uses a swastika like symbol similar to that used by the Russian neo-Nazi group Russian National Unity .R. I. Pogorletsky has accumulated inside Vityaz a movement of ‘skinheads’... who have organized and carried out a series of terrorist acts (bombing a synagogue, an attempt to blow up the apartment of the chairman of the Jewish community, acts of vandalism in the Jewish cemetery, etc.”. D’autres confirment les liens entre partis censés représenter la jeunesse et ces groupuscules nazis :

"In 2000 the Tiraspol oppositional publication "Voice of people" reported that the colleagues of law-enforcement agencies arrested the band of killers, who tortured to death two girls, extorting from them money and values. According to the data of this publication, those arrested ones are members of the organization "Lutichi", being part of the bloc "Young guards". "Young guards", presenting itself as youth and patriotic association, actively stated about itself before the local elections in 2000. (...)The members of this association bore black jackets, shaved heads. They were suspected in many unattractive things, including in the barbarous profanation of Jewish cemetery in Tiraspol."

L’une des autres grandes figures du pays, le ministre de l’Intérieur, Vladimir Antyufeyev , est recherché quand à lui par Interpol, pour crime de guerre en Lettonie. Avant de devenir ministre, il était député russe, membre du parti extrémiste et nationaliste de Vladimir Zhirinovsky, le LDPR, à la Douma, l’assemblée nationale russe. Le pays est donc bien ouvertement mafieux et plutôt très à droite, le président autoproclamé, Igor Smirnov, ayant le soutien direct de Poutine. Moscou participe activement à la conduite du pays pour la simple raison que pas mal d’anciens du KGB sont devenus des leaders en Transnistrie. Son président actuel en étant tout simplement l’un d’entre eux. Sa famille et son clan étant au pouvoir pour des années désormais semble-t-il, les élections étant de pures formalités en cette "Sovietland" d’un genre nouveau, qui ne fait que reprendre les principes brejneviens, voire... staliniens. Mafia, ex-KGB, ministres sur liste d’Interpol, le pays a tout pour attirer les trafiquants . Et il ne s’en gêne pas, ayant le plus bas PIB d’Europe et un commerce intérieur atone. Avec une seule marque omniprésente partout dans le pays : Sheriff Ltd, qui détient aussi bien les pompes à pétrole que les bars ou la vodka de supermarché. Une marque... mafieuse, qui détient quasiment tout le pays et qui est aux mains de... la famille du président. Un népotisme évident. Ce président Smirnov étant au départ le dirigeant d’une entreprise, Elektromash, censée être une usine de moteurs électriques (qui est en réalité une usine d’armement (le pays en possédant au moins quatre). Car le pays continue à produire des armes en quantité astronomique au regard de sa minuscule taille géographique. Et ces armes, il faut bien les écouler. Quitte à se faire donner un coup de pouce parfois...

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Lun 12 Mai - 19:33

Dans le pays, une organisation nationaliste, ПРОРЫВ, PRORIV ou "Breakthrough", a été fondée par un officier de haut rang des services secrets de Transnistrie (MGB), Dimitri Soin, à l’organisation entièrement copiée sur le FSB russe (le nouveau KGB). L’homme semble passablement... dérangé. Son organisation ayant une idéologie un peu... spéciale : franchement d’extrême droite, elle voue un culte surprenant à Che Guevara, perçu comme un héros guerrier romantique, admiré par d’étranges admiratrices blondes subjuguées par le grand maître Soin. On est au bord de la dérive sectaire. Sur les sites internet de l’organisation, tous les liens mènent pourtant à des sites d’extrême droite européens, où apparaît en double notre homme en compagnie d’idéologues connus et répertoriés comme Alain de Benoist, du GRECE, à qui l’on doit le terme "pensée unique". Ou ceux de Ratzel, sur l’"espace vital" que reprendra Hitler dans censurer (pardon maman). Soin est aussi le fondateur d’une pseudo-ONG, appelée Strategiya, en fait une partie de l’alliance The Young Patriots - Molodaya Gvardiya, et qui est en réalité une milice véritable, dont le passe-temps favori est d’aller détruire les bureaux des associations rivales ou des opposants politiques. Des paramilitaires, déguisés en ONG, voilà qui fait plus moderne, avec un patron portant catogan et constamment suivi par une cour de jeunes admiratrices blondes... et un quatuor de gardes du corps armés. Rien ne manque à son folklore. Notre homme, en dehors de faire dans l’inhumanitaire, fait aussi, à ses heures perdues, dans la vente d’armements. Quand il ne tue pas de ses propres mains, ayant déjà deux crimes reconnus et répertoriés par Interpol sur le dos. Faire dans la vente d’armement, et ce, sans trop de difficultés : le pays dispose du plus grand dépôt de munitions laissées par les forces soviétiques lors de leur retrait de la Moldavie. Un édifiant documentaire de Canal+ et Capa de 52 minutes de décembre 2005 montrait le contenu de l’effarant dépôt de 132 hectares de Colbasna. 45 000 tonnes d’armes à l’effondrement de l’Union soviétique, dont il reste encore 22 000 tonnes à neutraliser. "En 1999, la Russie a promis d’évacuer cet inquiétant arsenal d’ici fin 2002. En dix-huit mois, seuls trois convois ferroviaires sont partis. D’après les calculs de l’OSCE, il en faudra environ 400 supplémentaires. Si la cadence est maintenue, l’évacuation des stocks ne sera donc terminée qu’aux alentours de l’année 2150..."
Un document extraordinaire de Xavier Deleu que ce reportage, que je vous invite à consulter toutes affaires cessantes, visible ici en cinq épisodes successifs d’une dizaine de minutes. "A heaven for arms trafficking, here..."peut-on entendre dire dans le récit, où l’on voit le général Lebed, lui qui n’est pas un ange, annoncer que, dans le lot, traînaient encore il n’y a pas si longtemps des armes nucléaires tactiques. Le même Lebed qui a déjà dit ailleurs que les dirigeants du pays sont une "clique mafieuse et totalement corrompue". IL connaît bien le pays : il a été le chef de la fameuse XIVe armée russe stationnée en Transnistrie. Un peu plus loin, on découvre Brian Johnson Thomas, un journaliste au Sunday Times, un homme qui a de la suite dans les idées, puisqu’il réussit à piéger les autorités en quelques rendez-vous pour obtenir facilement une "bombe sale". Une "Dirty bomb", de tout petit format, annoncée pour 200 000 dollars. Avec leur vecteur de dispersion, puisqu’il reçoit en même temps une offre pour quelques missiles Alazan radioactifs, parmi les 38 du stock existant... avec comme interlocuteur exclusif... Dimitri Soin. Le tout vendu avec la signature sur des papiers officiels du ministre de l’Environnement local, Y. B. Cheban ! Interrogé, le général Bernard Aussedat, expert militaire à l’OSCE ne remet pas en cause la véracité des documents que lui remettent les journalistes : selon lui, la Transnistrie trafique clairement dans l’armement. Et même dans le nucléaire ! Johnson, spécialiste des trafics d’armes, n’en est pas à son coup d’essai : il a récidivé en 2007 en Somalie, en se faisant passer cette fois pour un représentant de l’Union of Islamic Courts (UIC), organisation liée à Al-Quaïda, auprès d’Alexander Radionov, un Russe, qui voulait lui vendre 8 tonnes d’armes, à bord d’un Antonov 12 BK N°. 8345805 de Victor Bout, et son entreprise Air Cess. Le fax reçu à Guernesey indiquait “We would like to receive in advance total amount $200,000 (£98,000) for aircraft positioning. The cost of each flight will be $50,000 plus ground expenses and fuel required. Await your reply, Regards, Alexander Radionov". Un Antonov, ou un Boeing 707, ce vieil engin numéroté 9G-OAL, numéro 19350, d’une compagnie Kyrgyze basée à Sharjah, aux Émirats arabes unis, qui aurait aussi pu servir au transfert envisagé. L’avion était démuni de tout marquage extérieur, et croisait régulièrement à Sharjah les Illyiushin 18 bien connus d’Air Cess.

Mais aussi ceux de Phœnix aviation, société américaine bien connue également. Une société appartenant à Christopher Barratt-Jolley, pilote d’un 707 qui le 16 octobre 2001 avait fait la une des journaux. L’appareil, à l’atterrissage à Southend Air Rochford, en Angleterre, venant de Jamaïque, pour "ennuis techniques" sur la route de Belgrade, ayant laissé tomber de sa porte cargo après un demi-tour rugueux un sac d’une demi-tonne de cocaïne... mal arrimé à bord du Boeing 9L-LDU. L’appareil, qui a été de tous les trafics, finira par prendre feu en plein chargement en Turquie. L’homme est un ancien baroudeur du Vietnam et de la fameuse compagnie de la CIA, Air America, selon ses propres dires (qui doivent être inventés, notre homme ayant tendance à enjoliver sa carrière !) : "He even had an "Air America" identification pass authorised by a "Commander Milroy" and supposedly issued in Tan-Son-Nhut, a US airbase during the Vietnam war". Il avait été dénoncé cette fois par un de ses gardes du corps, Nikolai Luzaic, un ancien de la guerre des Balkans ! L’avion était enregistré en Belgique sous le nom de Red Rock Aviation, travaillant pour Koda Air, une compagnie nigérienne, et faisant régulièrement le trajet Lagos-Belgrade. L’avion avait attendu pour faire son trajet vers Belgrade, car le 11-Septembre avait rendu tous les aéroports suspicieux. En juin 1996, notre baroudeur avait également acheté un vieux Bac 111 pour "pièces détachées", l’avait en fait inscrit au Liberia (EL-ALD) sous le registre de Balkh-Airlines, et l’avait déposé à Ostende. L’appareil faisait régulièrement des trajets Bulgarie-Afghanistan, déjà à l’époque... pour fournir Rashid Dostum, un des maîtres de guerre du pays, ancien moudjahidine, devenu... membre du gouvernement Karzaï et destitué le 22 février 2008.

Un autre 707, immatriculé en Afghanistan (YA-GAF) mais sous les couleurs de "Uganda Airlines" lui, servait aussi de cargo, toujours avec comme base de départ.. Ostende. Le Boeing, saisi en 1991 par la... Yougoslavie, abandonné sur place pendant huit ans, fut scrapé en juillet 2004. Pour en revenir à Victor Bout, ses deux compagnie principales sont... moldaves, et ont pour siège Chisinau, qui constitue bel et bien donc la plaque principale du trafic d’armes par voie aérienne : "the two companies, Aerocom and Jet Line, are registered in Chisinau since 1997, respectively 2000, but they are controlled by Victor Bout. The air companies have the premises near the international airport in Chisinau. International reports mention that the regions where these two companies shipped weapons are beyond the African space, and they also include Iraq and Afghanistan." Selon les services secrets anglais, ces avions s’arrêtent souvent sur l’ancienne base russe de Tiraspol "the British secret service researched into Bout’s travels to Transnistria. From all the information gathered on the filed, it came out that planes belonging to both companies Aerocom and Jet Line stopped in Tiraspol and in the area around Odessa for technical reasons. The stopovers were always used as a pretext for loading or unloading weapons in areas under embargo." Ils n’étaient pas les seuls : une plus ancienne compagnie, Renan Airways, contrôlée par les frères tchétchènes Timur and Alican Mutaliev, y étaient aussi vus avec assiduité : les frères sont des amis d’enfance de V. Bout. Eux possèdent la compagnie irlandaise "Balcombe Investments Ltd", dont le sièges est à... Chisinau, le même qu’une compagnie appelée Valeologia, fondée par un autre frère... Tamerlan Mutaliev. La firme est impliquée depuis 1994 dans un trafic d’armes nucléaires et utilisait un Antonov 74, adapté aux atterrissages courts ou sur piste non préparée, et donc bien adapté au Yemen ou en Afrique centrale. "It was already proved that Renan participated into several illegal transports to the African countries between 2000 and 2002. Moreover the Renan company is also involved in weapons trafficking to Iraq. In Baghdad, reporters of the German magazine Stern have discovered in 2003 several documents that certified weapons trafficking to Iraq using companies from Syria. SES International Corporation is the Syrian company who brought to Iraq a whole production line for Kalashnikov ammunition, previously bought from Balcombe Investments from Moldova for 8.7 million dollars."

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Lun 12 Mai - 19:33

En 2001, le services secrets anglais dénonçaient l’activité d’un compatriote, Mark Garber le directeur de Fleming Family and Partners. C’est, sept ans après, la suite de l’arraisonnement d’un cargo, le Jadran Express, à Venise. À bord, 30 000 AK47 kalashnikov, 400 missiles guidés, 10 000 roquettes pour RPG-7 et 32 millions de cartouches... L’une des plus belles prises du genre. Les armes étant soupçonnées de provenir de... Biélorussie cette fois (qui n’a pas d’accès à la mer) :"133 containers with weapons purchased by Global Technologies International from BelarusVneshExport, a company that no longer exists, were found on board this ship. Officially, the vessel was going to Lagos, and the Eastronicom Company, ostensibly working on behalf of the local government, appeared to be the addressee of the cargo. But soon it was discovered that the governmental certificate given to the company was false. As a result Streshinsky appeared on the international wanted list. He was detained in 2001 in France and deported from there for investigation and trial to Turin, Italy". Parmi les arrêtés, un Belge d’origine hongroise Geza Mezösy, qui est alors "accusé d’avoir eu recours à de faux certificats d’utilisateur final dans le cadre d’importants trafics d’armes vers la Croatie et la Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1994. Alors sous embargo du Conseil de sécurité de l’ONU, comme toute l’ex-Yougoslavie, ces deux pays étaient alimentés par voie maritime par la mafia ukrainienne. Selon divers journaux, le rôle de Mezösy était de fournir de faux certificats, délivrés au nom du Maroc, du Soudan, de l’Égypte et du Nigeria."

L’Alazan du dépôt de Colbasna n’est pas une fusée comme une autre. Au départ, ce n’est d’ailleurs pas un missile militaire. C’est une fusée météorologique, chargée d’éliminer le risque de grêle, par ensemencement des nuages à l’ iodure d’argent, un procédé expérimenté dans les années 60 et qui semble avoir fait depuis ses preuves. En Russie, une entreprise pyrotechnique la fabrique toujours, c’est la "CHEBOKSARY PRODACTION ASSOCIATION NAMED AFTER V.I.CHAPAEV”, née pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle fabrique toujours les recharges anti-grêle. Le procédé de l’ensemencement est actuellement étudié par la Chine, qui redoute des pluies lors des jeux Olympiques, et qui voudrait les éviter. Le Burkina l’a déjà tenté depuis plusieurs années avec son programme Saaga. Dans l’esprit de certains militaires, cette faculté d’ensemencer a donné l’idée d’équiper certaines têtes de missiles de matériaux radioactifs : le meilleur moyen et le plus économique de provoquer une attaque nucléaire sans avoir recours à une bombe ou à une explosion était né. Ou comment irradier toute une région aux moindres frais. Le missile étant de petite taille et étant très facile à mettre en œuvre, on voit tout de suite l’intérêt pour un groupe terroriste d’en posséder quelques exemplaires. Or, dans l’inventaire du dépôt de Colbasna, certains manquent bel et bien à l’appel. Où sont-ils passés, nul ne le sait à cette heure. Associée à l’idée de mini-bombes "sales", la disparition de l’engin a de quoi terrifier.

Pour écouler les armes du dépôt de Colbasna, pour les évacuer, il y a bien le terrain d’aviation de Tiraspol, hérité de l’armée soviétique, ou de la ville moldave d’à côté, Chisinau, mais aussi... les ports de la mer Noire. "If you have 6 missiles made by the Soviets and they get from the Ukraine to Iran is it an illegal transaction ?” retourne à l’envoyeur Oazu Nantoi, le directeur du Public Policies Institute à Chisinau. “Weapon smuggling is very easy to do by train, by road to the harbors of Odessa and Ilichevsk”. À Odessa, où les armes sont transportées par Ascoflot Shipping enregistrée au Panama. Odessa ou plutôt Ilichevsk en Ukraine, où Ascoflot dispose d’un quai enregistré au nom de la société, elle-même domiciliée à Chisinau... en Moldavie. Depuis 1993, disposant de 6 cargos, Ascoflot n’a pas payé un seul droit portuaire en ayant pourtant réalisé un chiffre d’affaires d’1,2 million de dollars. Une carte du pays démontre pourtant bien que l’essentiel du trafic routier du pays descend vers... Odessa.

Au final, les États européens "bloquent" tous sur le cas de la Transnistrie, car ils ne veulent pas lui reconnaître d’existence officielle, et se retrouvent eux, bloqués, avec le cas du contrôle de la destruction des armes qui y subsistent encore. Le plus bel exemple de cet embarras, c’est le refus des Transnistriens il y a six ans de mettre en place les coûteuses chambres de détonation fournies par l’OSCE pour faire exploser certaines bombes sans provoquer de catastrophe écologique. La première chambre Donovan T-10, fabriquée par la société US Demil (devenue CH2M Hill), arrivée à Odessa le 13 avril 2002 puis remontée par camion à Colbasna s’est vu refuser l’entrée du camp par les milices nationalistes du pays de Dimitri Soin. L’engin est retourné à Chisinau, où il est resté sous tente gardée pendant des mois. Depuis personne n’a pu vérifier son usage, qui aurait permis d’augmenter sensiblement les cadences de desctruction. Les deux autres chambres prévues n’ont jamais été envoyées. Les longues frontières (800 km à surveiller !) avec la Moldavie et l’Ukraine sont de vraies passoires car tout le monde profite des échanges, le dépôt gigantesque se vide, certes, mais surtout au rythme des ventes illégales aux marchands d’armes, et non selon celui des destructions envisagées et souhaitées. Les ventes d’armes et leur acheminement par avion ou par conteneur via la mer Noire ont encore de beaux jours devant eux. Les gouvernements y participent, comme l’avouait Victor Bout dans une interview célèbre au New-York Times : " ’’My clients, the governments,’’ he began. Then, ’’I keep my mouth shut.’’ La communauté internationale demeure un peu trop silencieuse sur le cas de la Transnistrie, qui reste avec Kaliningrad, l’abcès de l’europe. Car pour la Transnistrie, un autre problème s’ajoute à celui décrit ci-dessus : "Sur 700 000 personnes ayant fui le pays pour raisons économiques - un tiers de la population active - au moins 100 000, et peut-être 200 000, sont des jeunes femmes de 15 à 25 ans tombées dans les filets de la mafia de la prostitution". "Aguichées par des rabatteurs de village, ces gamines naïves s’expatrient contre la promesse d’un travail à 500 ou 600 dollars", explique Mariana Petersel, présidente de l’ONG Salvati Copiii. Séquestrées, violées, battues, vendues sept ou huit fois, elles travaillent aujourd’hui dans des bordels d’Italie (30 000 Moldaves), d’Israël, de Grèce, de Turquie, mais aussi au Kosovo." Décidément, c’est bien le pays de tous les dangers.

La fois prochaine nous avancerons plus encore dans l’Europe des Balkans et reviendrons sur le problème des matériaux fissiles, avec le cas du port d’Anvers, qui lui aussi en fait circuler abondamment sans que la population avoisinante n’ait été mise au courant. Et nous évoquerons également à nouveau Odessa, le port du poulet congelé, entre autres sources d’approvisionnement financier d’une mafia locale omniprésente, et dans lequel Victor Bout, " the McDonald’s of arms trafficking" a aussi trempé, au Nigeria comme en Afrique du Sud. L’Ukraine est un autre axe important du trafic mondial des armes, grâce au dénommé Leonid Minin, le pendant ukrainien de Victor Bout, et l’on comprend pourquoi sous couvert de "révolution orange" les Etats-Unis s’y intéressent tant. L’enjeu géostratégique, ici, est primordial. ’’Eight hundred shipping containers are off-loaded at the port every day. Among other contraband like cigarettes and bootleg pharmaceuticals and CD’s, weapons are smuggled in and then transferred from ship to ship or ship to plane. ’’We’ve had a hundred seizures of radioactive material over 10 years,’’ précise un des pilotes de Bout au New-York Times, au cas où on ne comprendrait pas que ce port d’Odessa est LA plaque tournante de tous les trafics de la région...

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

Message par avec-amour-et-paix le Lun 12 Mai - 19:34

par morice
Cargos de nuit (vague n°4)

Commentaire :
> Cargos de nuit (vague N°4)
par E-fred (IP:xxx.x26.163.163) le 9 mai 2008 à 13H04

Un "petit" doc Pdf, pour ceux et celles qui veulent bien se donner la peine de lire, c’est l’utilisation de nos subventions européennes:
"Dans le domaine de la coopération améliorée en matière de politique étrangère et de sécurité, une
attention particulière sera accordée aux aspects liés à la non-prolifération des armes de destruction
massive et au désarmement, notamment au désarmement conventionnel, ainsi qu’à la prévention des
conflits et à la gestion des crises compte tenu, en particulier, du rôle régional de l’Ukraine dans la
résolution du conflit transnistrien en Moldova."

Je vous propose aussi de voir le tableau des "aides" en MILLIONS d’euros. Aides TACIS et ECHO d’on j’avais déjà parlé dans cet l’article .

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Re: Cargos de nuit (vague n° 1)le commerce des armes

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